décembre 7, 2022

Foot : face aux polémiques autour de Noël Le Graët, Amélie Oudéa-Castéra

La ministre des Sports a réclamé l’exemplarité de la Fédération française, alors qu’un audit est en cours pour faire la lumière sur le climat sexiste qui régnerait à la FFF et sur le comportement de son président, Noël Le Graët.

Les polémiques s’amoncellent autour de la Fédération française de football, et Amélie Oudéa-Castéra monte au créneau. La ministre des Sports a assuré qu’elle prendrait ses responsabilités vendredi 14 octobre dans une interview sur RTL, alors que la FFF et son président Noël Le Graët sont visés par des enquêtes de divers médias, dont celle de Franceinfo publiée mercredi. Amélie Oudéa-Castéra attend les résultats d’un audit qu’elle avait lancé le 16 septembre dernier, et qui est mené au sein de la FFF à la suite des révélations de So Foot.

« Je veux que cette Fédération soit exemplaire dans la manière dont elle s’empare de cet enjeu majeur des violences à caractère sexiste ou sexuel, clame la ministre. Ma main ne tremblera pas au moment de tirer les conclusions. J’ai un certain nombre de prérogatives, l’institution elle-même en a. »

Amélie Oudéa-Castéra souhaite attendre la fin de ce processus « dans le respect de la parole des victimes et du contradictoire » assure-t-elle. Tout en martelant qu’elle ne tardera pas à appliquer des sanctions en fonction des résultats de cette enquête sur le management et le traitement des violences sexuelles. « Le timing n’est pas lié à la Coupe du monde. Le traitement des violences sexistes par la FFF n’est pas conditionné par des victoires des Bleus en phase de poules. »

La ministre des Sports estime toutefois que Noël Le Graët sera « probablement encore président » pour la Coupe du monde au Qatar, à partir du 20 novembre, et qu’il est « de son rôle de soutenir l’équipe comme président de la FFF.« 

Alors que le chiffre d’un sportif mineur sur sept serait victime de viols et d’agressions sexuelles est avancé par Charlotte Caubel, secrétaire d’État chargée de l’Enfance, Amélie Oudéa-Castéra appelle à ce que « la peur et la honte changent de camp ». « Ce chiffre est considérable, il faut que cela cesse. Il faut plus de moyens pour que les enquêtes aillent plus vite, rappeler à chacun ses obligations de signalement. Cette destruction, je ne la laisserai pas se faire. » Une convention sur l’enfant face aux violences sexuelles doit être organisée par les deux ministres en janvier 2023.