décembre 8, 2022

Mondial de basket 2022

Eliminée en quarts de finale de la Coupe du monde par la Chine (85-71), jeudi, l’équipe de France a montré un beau visage malgré les absences de certaines cadres et son irrégularité.

La Chine était trop forte pour l’équipe de France. Malgré une belle prestation, les Bleues ont été éliminées en quarts de la finale de la Coupe du monde (85-71), jeudi 22 septembre. Pour la sixième fois consécutive, elles ne parviennent pas à rejoindre le dernier carré du Mondial.

C’est en réalisant certainement leur meilleur match du tournoi que les Françaises ont été dominées par les Chinoises. « On est vraiment déçues de ce match », regrettait Alexia Chartereau en conférence de presse. « Il y avait les moyens de passer », soulignait Sarah Michel. Il aura manqué de l’expérience et surtout plusieurs joueuses majeures. Ce sont, entre autres, les conclusions du bilan de cette Coupe du monde, la première avec Jean-Aimé Toupane au poste de sélectionneur :

Une inconstance chronique

L’équipe de France aura soufflé le chaud et le froid durant la compétition. D’un match à l’autre, elle a montré un visage parfois diamétralement opposé. Les Bleues ont par exemple commencé par une victoire surprise et pleine de maîtrise face au pays hôte, l’Australie (70-57), et deux jours après, elles sont revenues sur terre après une lourde défaite face au Canada (59-45) en raison d’une adresse en berne.

La prestation peu convaincante contre le Mali (74-59) a précédé un match plein d’allant face au Japon (67-53) dans une rencontre référence. Les Bleues étaient lancées ? Non, la dernière rencontre de la phase de poules face à la Serbie, qui devait valider la progression s’est soldée par une défaite. « On ne peut qu’être satisfait même si on aurait voulu aller un peu plus loin. Faire un quart de finale ici, c’était inespéré », a estimé Jean-Aimé Toupane au micro de BeIN Sports après l’élimination face aux Chinoises.

Un rebond défaillant

C’est LE gros point noir du parcours de l’équipe de France. En quarts de finale, elle a encore laissé trop de rebonds offensifs à son adversaire (10 dont 6 dans le premier quart-temps) et surtout de points sur deuxième chance (17). Des ballons qui auraient été si utiles en fin de rencontre, quand les Bleues étaient à un cheveu d’égaliser ou de repasser devant. « Face à la meilleure équipe du tournoi dans ce secteur, on a réussi à tenir le rebond et c’est ça qu’il va falloir retenir, pour la suite », positivait Sarah Michel après la rencontre, soldée avec un bilan total de 33 rebonds pris par chaque équipe.

Dès le match d’ouverture pourtant victorieux, les Tricolores avaient été mangées dans ce secteur en laissant 14 prises offensives à l’Australie. Le pire est survenu face au Canada avec 19 rebonds offensifs concédés. Au final, la France a laissé 15,5 munitions supplémentaires par match à ses adversaires, soient autant de deuxièmes chances pour inscrire un nouveau panier. « Le rebond nous met dedans tout le match, c’est notre plus gros point faible, admettait Marine Fauthoux après la défaite contre la Serbie. A nous de prendre conscience qu’il faut régler ce problème pour passer les quarts. » Malheureusement, cela n’a pas été fait. « Les rebonds vont être un axe de travail fort », promettait Sarah Michel sur BeIN Sports.

Des absences qui ont pesé

« Je n’ai pas l’habitude de parler des absentes. Mais bien sûr, on ne sait pas ce qu’il se serait passé. » A l’instar de Jean-Aimé Toupane, personne ne sait ce qu’une autre équipe de France aurait pu réaliser dans cette Coupe du monde. En l’absence de six joueuses par rapport au groupe qui avait ramené le bronze des Jeux olympiques de Tokyo en 2021, la France ne s’est pas présentée sur la ligne de départ avec toutes ses armes. Diandra Tchatchouang a pris sa retraite, et les blessures ont miné les Bleues (Sandrine Gruda et Marine Johannès notamment). Déjà blessée aux JO, Olivia Epoupa a également manqué au poste de meneuse de jeu.

« Est-ce qu’on aurait été plus performantes avec elles ? Je n’en suis pas convaincue », estime Isabelle Yacoubou, championne d’Europe 2009 et consultante pour France Télévisions. Toujours est-il que les munitions ont manqué en attaque sans quatre des cinq meilleures marqueuses de l’équipe de France lors du tournoi nippon. Preuve en est : les Bleues affichent le moins bon pourcentage à trois-points de la compétition (25,6%).

Gabby Williams s’affirme

En l’absence de plusieurs joueuses cadres, la Franco-Américaine a endossé de nouvelles responsabilités avec brio . Avec 23 points dès l’ouverture du tournoi face à l’Australie, Gabby Williams a donné le ton. « Je savais que sans Marine [Johannès], il fallait que je prenne plus de responsabilités pour marquer », confirmait-elle après le succès inaugural. Par sa défense et son agressivité, elle a porté l’équipe, à l’image de ses 17 points face à la Chine.

« C’est une bonne chose. Il faut préparer les futures leaders à entrer dans ce rôle, estime Isabelle Yacoubou. Elle se l’est approprié et l’a assumé du début à la fin de manière brillante. » A 26 ans, la nouvelle ailière de l’Asvel a eu le plus grand temps de jeu tricolore sur le tournoi (29,6 minutes/match) tout en étant la meilleure marqueuse avec 15,8 points de moyenne.

Une expérience bénéfique pour la jeune génération

L’expérience, ou plutôt l’inexpérience, était au coeur de toutes les discussions après l’élimination tricolore. Avec 25,6 ans de moyenne d’âge et surtout cinq joueuses qui disputaient leur première phase finale, l’équipe de France a payé pour ses erreurs de jeunesse. « Ce qu’on a montré est vraiment positif pour nous. On essaie de construire cette expérience pour le futur, voulait retenir Jean-Aimé Toupane, en conférence de presse. On va tous apprendre de ces expériences pour le futur. »

« Il y a plein de promesses, se réjouissait Sarah Michel sur BeIN Sports. Il va falloir avoir un peu plus de vécu ensemble. Les petits détails, c’est avec l’expérience que ça va venir. Je suis confiante pour l’avenir parce que cette équipe a beaucoup de talent et a montré beaucoup de cœur. » Pour pallier les absences, la génération 2001 incarnée par Iliana Rupert et Marine Fauthoux a pris davantage la lumière. Arrivée la veille du tournoi après son titre WNBA avec Las Vegas, la première a été en dedans (6,3 points et 5,2 rebonds) alors que la seconde a montré un visage prometteur (10,8 points et 3,5 passes décisives). « On y a cru, c’est ça aussi que j’aime avec cette équipe. On ne baisse pas les bras. Même à -11 à trois minutes de la fin, on y croyait encore. On s’est battu, on ne peut pas nous l’enlever », se réjouissait Iliana Rupert.